18 August 2014

The forty writers' poetical words on Michel Goulet's chairs, Québec city

At the Place de la Gare in Québec is a sculpture by Michel Goulet, consisting of a large number of chairs, forty of which contain poetical quotations from forty writers associated with Québec. It was presented by Montréal to Québec on the 400th anniversary of the capital of the province in 2008. The title is Rêver le nouveau monde: literally, Dreaming the New World. (Yes, after a number of days of glorious sunshine came more than a little rain.)

The sculpture begins with the world under one – and a house under another – chair.

'rêver le nouveau monde'

'Ce soir
Le monde est vieux
Et je m'ennuie

Ann HÉBERT
(1916–2000)'

'une acceptation de l'absence
un renoncement à l'explication
une connaissance du vertige
un bonheur de la rencontre

Madelaine GAGNON'

'j'attends de naître
pour répondre à tes lettres
j'attends tes lèvres pour parler

Kim DORÉ'

'Irving LAYTON
(1912–2006)

The hills
remind me
of you

Not because they curve soft and warm
lovely and firm

But because
a long time ago
you stared at them
as I am staring now'

'Heureux qui dans ses vers sait, d'une voix tonnante
Effrayer le méchant, le glacer d'épouvante ;
Qui, bien qu'avec gôut, se fait lire avec fruit,
Et, bien plus qu'il ne plaît, surprend, corrige, instruit.

Michel BIBAUD
(1782–1857)'

'Malgré l'effarement
Malgré la lassitude
Des voix s'arrachent
Y-a-t-il une façon simple
D'ouvrir lHistoire
D'assécher les bourbiers'

Louise COTNOIR'

'Vient le jour où la beauté
borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le coeur tremblant,
plus fort d'une vérité ainsi effleurée.

Hélène DORION'

'Nous avons partagé nos ombres
Plus que nos lumières
Nous nous sommes montrés
Plus glorieux de nos blessures
Que des victoires éparses

Alain GRANDBOIS
(1900–1975)'

'Elle ferme les yeux et rerêve:
c'était avant l'invention de l'écriture

Yolande VILLEMAIRE '


'au bout de ce grand bout de terre
de peine et de misère
dis-moi
marie
pourquoi ce silence s'agrandit

Pierre PERRAULT
(1927–1999)'

'Mon désir parfois

ressemble aux dernières phrases
d'un livre
les livres n'ont pas de fin
les livres s'arrêtent

Normand DE BELLEFEUILLE'

'Le Cap Éternité

Témoin pétrifié des premiers jours du monde,
Il était sous le ciel avant l'humanité.

Charles GILL
(1871–1918)'


'Je dois tout dire dans une langue

qui n'est celle de ma mère.
C'est ça le voyage.

Dany LAFERRIÈRE'

'Toutes couleurs effacées.
Tous parfums supprimés,
Toutes paroles étouffées;

Muet et blanc,

Intolerable blanc,
Ce pays ne retient
Que les éclats du sang.

Gatien LAPOINTE
(1931–1984)'

'ne touchons pas au silence
il est notre réserve d'espoir

Nicole BROISSARD'
'Le monde ne vous attend plus
il a pris le large
le monde ne vous entend plus
l'avenir lui parle

Gaston MIRON
(1928–1996)'

'Sous le manteau de la prudence
qu'on prend parfois pour la sagesse,
on reconnaît souvent la peur.

Gilles VIGNEAULT'

'J'aimerais rester dans l'ombre
dans ton ombre familière
le temps d'un hiver au moins
sinon d'une vie entière.

Roland GIGUÈRE
(1929–2003)'
'Dans les yeux s'allume une ville,
qu'on n'a jamais pris la peine de visiter.

Louise DUPRÉ'

'Le plus difficile c'est le premier siècle.
Rendu à trois, la racine est profonde.
Voilà ce que chantent les enfants

été

Félix LECLERC
(1914–1988)'

'Tu me manque
De toujours
Tu es l'ombre de l'Absente
Tu es ce passé sans toi.

Jean ROYER'

'Il est sur le sol d'Amérique
Un doux pays aimé des cieux,
Où la nature magnifique
Prodigue ses dons merveilleux.

Octave CRÉMAZIE
(1827–1879)'

'Nous écrivons
dans la grande noirceur
d'un siècle qui siffle
en s'écroulant.

Nous écrivons
en guise d'accompagnement
de la terre.

Paul Chanel MALENFANT'

'...
veaux vaches cochons couvées
et préoccupations fi de vous et fi d'elles
à mon pays seul je suis fidèle

Gérard GODIN
(1938–1994)'

'Un enfant est en train de bâtir un village
C'est une ville, un comté
Et qui sait
Tantôt l'univers.

Il joue

Hector de Saint-Denys GARNEAU
(1912–1943)'

'La Mer navigue/
La Terre marche/
Le Ciel vole/

et moi, je rampe pour humer la vie...

Rita MESTOKOSHO'

'Je n'ai pas appris de Poucet
Le secret de marquer la route
Qui reconduise où l'on passait.

Alfred DESROCHERS
(1901–1978)'

This piece, concerning the sound of the Aurora Borealis, is written in Inuktitut by Emily Novalinga, who died the year after the artwork was created.

'Tu es la ville engloutie
sous les rumeurs pourtant je vois
il n'y a que toi parlant
et la passion que tu y mets

Hugues CORRIVEAU'

'Le travail n'est pas liberté
Le travail es dans la liberté

Claude GAUVREAU
(1925–1971)'

'L'homme...

Il se construit
Des milliers
Des millions
De milles
De câble blond

Et il leur a donné
Des millions
De milliers
De nœuds

Pour attacher la mer

Cécile CLOUTIER'

'Pleurez, oiseaux de février.
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Émile NELLIGAN
(1879–1941)'

'La nuit est une neige
qui tombe à l'envers.

Jean-Paul DAOUST'

'Il ne sait plus si sa propre mémoire
le garde vivant, si ses rêves
le nourisssent ou le dévastent.

Pierre NEPVEU'

'Je traversais sa nuit
et j'en rêvais le jour
je ne sais plus ce soir où va
la poésie
mais je sais qu'elle voyage
rebelle analogique

Claude BEAUSOLEIL'

'Petit jardin que j'ai planté,
Que ton enceinte sait me plaire !

Joseph QUESNEL
(1746–1806)'

'Hold me close
and tell me what the world is like
I don't want to look outside
I want to depend on your eyes
and your lips

Leonard COHEN'

'Seulement près de toy en cette saison dure.

Marc LESCARBOT
(1570–1642)'

'Chacun se débrouille seul
à rafistoler des bouts de rêves.

La table est mise.
Voyez. Venez.

Paul CHAMBERLAND'

'Là où ses petites histoires,
mine de rien, s'emboîtent
les unes dans les autres.

Denise DESAUTELS'

At the end of all this is a two-paragraph description of the work by Michel Goulet:

'Pour ce quatre centiéme,
quarante chaises domestiques
créent un parcours
dans l'espace, le temps
et les pensées furtives.
Quarante voix poétiques disent,
le temps d'une pause, ce que nous
avons été, ce que nous sommes
et le bonheur de la rencontre.

Ici pas seulement des
spectateurs sollicités mais des
personnes qui prennent part
activement à la construction
d'un rêve en y jouant un rôle
essentiel, en faisant le trajet d'un
point à un  autre, de la representation
géographique du fleuve qui
lie deux pôles du pays et l'ouvre
sur le monde et la représentation
de nos habitats fragiles, la Terre
et le domicile, ici, mis à l'abri.

M. Goulet, sculpteur'

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