20 August 2014

François-Xavier Garneau in Québec city

A major figure in the history of the literature of Québec, François-Xavier Garneau (1809–66) is most noted for his colossal three-volume Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours (1845–48). He was also a poet and a journalist.


Just off the Grande Allée is an impressive statue of him, quill pen in hand, and in the heart of Vieux Québec:


'MAISON
FRANÇOIS-XAVIER GARNEAU
1862
MONUMENT HISTORIQUE'

'EN CETTE MAISON
RÉSIDA PLUSIEURS
ANNÉES, ET MOURUT, LE
3 FÉVRIER 1866,
FRANÇOIS-XAVIER
GARNEAU, L'HISTORIEN
DU CANADA.'
––––––––––
IN THIS HOUSE,
FRANÇOIS-XAVIER
GARNEAU, THE HISTORIAN
OF CANADA, LIVED FOR
SEVERAL YEARS AND HERE
HE DIED ON THE 3rd. OF
FEBRUARY, 1866.'

The town of Québec granted Garneau a pension in 1863, and he died overwhelmed by epilepsy three years later.

The Busts of writers on rue d'Auteuil, Québec city

On the rue d'Auteuil in Québec city are a series of monuments to writers, installed there at different periods of the present century. The busts of Pushkin and Nelligan testify to the friendship between Saint Petersburg and Québec city.


Émile Nelligan (1879–1941), about whom I made a post here.

The bust contains a sonnet in which it is (quite possibly incorrectly) dated as 1899, the same year of Nelligan's entry into a mental hospital. The poem tells of a golden ship being wrecked, although of course it is really Nelligan himself who is mentally wrecked.

'Le Vaisseau d'or

C'était un grand Vaisseau taillé dans l'or massif.

Ses mâts touchaient l'azur sur des mers inconnues;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil

Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes

Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoùt, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?

Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ?
Hélas ! Il a sombré dans l'abîme du Rêve !'


Alexandre Pouchkine (Eng: Pushkin) (1799-1837).

'Mon nom ? Mais qu’est-il donc pour toi ?
Il mourra, comme sur la grève
Meurt l’écho que le flot soulève;
Comme un bruit, la nuit, dans un bois.

C’est un signe incompréhensible

Que ton carnet aura gardé,
Tel, sur une tombe, gravé,
Un grimoire en langue illisible.

Mon nom ? Tu l’auras oublié

Dans les remous, les aventures.
Sur ton âme il n’aura laissé
Aucune trace tendre ou pure.

Mais un jour triste, dis-le bien

À voix haute, avec nostalgie;
Tu diras : quelqu’un se souvient,
Un coœur où vit encore ma vie…'


Dante Alighieri (1265–1321)

'O lumière qui tant t'élève
au-dessus des pensées mortelles, reprête un peu
à mon esprit de ce que tu semblais
et rends ma langue si puisssante
qu'une étincelle de ta gloire
puisse arriver aux génerations futures'

Translation on the plinth of the bust from The Divine Comedy.


The poet and musical composer Komitas (1869–1935) is described here as the 'father and mother' of Armenian music, and notes that he scoured his country in order to save songs, dances and melodies from oblivion. The words below, an extact from Chant de l'émigré, are addressed to the crane bird, asking if it has news of their mutual country.

'Grue, d'oú viens-tu ? Je suis l'esclave de ta voix !
Grue, n'as-tu pas une petite nouvelle de notre pays ?
Ne te presse pas, tu rejoindras bientôt ton essaim ;
grue, n'as-tu pas une petite nouvelle de notre pays ?'

The Confucian scholar and poet Nguyễn Trãi (1380–1442) was recognised by UNESCO as the person most representative of Vietnamese culture.

Taras Chevtchenko (1814–61), who was also named Schevchenko in English, was an important poet, a painter and a great supporter of Urkainian culture. The bust was erected in 2014 to commemorate the 200th anniversary of Chevtchenko's birth.

'Que notre esprit, que notre chant
Ne meure, ni s'éteigne.
C'est là que réside notre gloire,
La Gloire de Ukraine !'

I also have a link to another monument of him in Paris here.

18 August 2014

The forty writers' poetical words on Michel Goulet's chairs, Québec city

At the Place de la Gare in Québec is a sculpture by Michel Goulet, consisting of a large number of chairs, forty of which contain poetical quotations from forty writers associated with Québec. It was presented by Montréal to Québec on the 400th anniversary of the capital of the province in 2008. The title is Rêver le nouveau monde: literally, Dreaming the New World. (Yes, after a number of days of glorious sunshine came more than a little rain.)
 
The sculpture begins with the world under one – and a house under another – chair.

'rêver le nouveau monde'

'Ce soir
Le monde est vieux
Et je m'ennuie

Ann HÉBERT
(1916–2000)'

'une acceptation de l'absence
un renoncement à l'explication
une connaissance du vertige
un bonheur de la rencontre

Madelaine GAGNON'

'j'attends de naître
pour répondre à tes lettres
j'attends tes lèvres pour parler

Kim DORÉ'

'Irving LAYTON
(1912–2006)

The hills
remind me
of you

Not because they curve soft and warm
lovely and firm

But because
a long time ago
you stared at them
as I am staring now'

'Heureux qui dans ses vers sait, d'une voix tonnante
Effrayer le méchant, le glacer d'épouvante ;
Qui, bien qu'avec gôut, se fait lire avec fruit,
Et, bien plus qu'il ne plaît, surprend, corrige, instruit.

Michel BIBAUD
(1782–1857)'

'Malgré l'effarement
Malgré la lassitude
Des voix s'arrachent
Y-a-t-il une façon simple
D'ouvrir lHistoire
D'assécher les bourbiers'

Louise COTNOIR'

'Vient le jour oú la beauté
borde notre chemin.
On se penche sur la vie, et aussitôt
on se relève, le coeur tremblant,
plus fort d'une vérité ainsi effleurée.

Hélène DORION'
 
'Nous avons partagé nos ombres
Plus que nos lumières
Nous nous sommes montrés
Plus glorieux de nos blessures
Que des victoires éparses

Alain GRANDBOIS
(1900–1975)'

'Elle ferme les yeux et rerêve:
c'était avant l'invention de l'écriture
 
Yolande VILLEMAIRE '


'au bout de ce grand bout de terre
de peine et de misère
dis-moi
marie
pourquoi ce silence s'agrandit

Pierre PERRAULT
(1927–1999)'

'Mon désir parfois

ressemble aux dernières phrases
d'un livre
les livres n'ont pas de fin
les livres s'arrêtent

Normand DE BELLEFEUILLE'

'Le Cap Éternité
 
Témoin pétrifié des premiers jours du monde,
Il était sous le ciel avant l'humanité.
 
Charles GILL
(1871–1918)'

'Je dois tout dire dans une langue
qui n'est celle de ma mère.
C'est ça le voyage.
 
Dany LAFERRIÈRE'
 
'Toutes couleurs effacées.
Tous parfums supprimés,
Toutes paroles étouffées;

Muet et blanc,

Intolerable blanc,
Ce pays ne retient
Que les éclats du sang.

Gatien LAPOINTE
(1931–1984)'
 
'ne touchons pas au silence
il est notre réserve d'espoir

Nicole BROISSARD'

'Le monde ne vous attend plus
il a pris le large
le monde ne vous entend plus
l'avenir lui parle

Gaston MIRON
(1928–1996)'

'Sous le manteau de la prudence
qu'on prend parfois pour la sagesse,
on reconnaît souvent la peur.

Gilles VIGNEAULT'

'J'aimerais rester dans l'ombre
dans ton ombre familière
le temps d'un hiver au moins
sinon d'une vie entière.

Roland GIGUÈRE
(1929–2003)'

'Dans les yeux s'allume une ville,
qu'on n'a jamais pris la peine de visiter.

Louise DUPRÉ'
 
'Le plus difficile c'est le premier siècle.
Rendu à trois, la racine est profonde.
Voilà ce que chantent les enfants

été

Félix LECLERC
(1914–1988)'


'Tu me manque
De toujours
Tu es l'ombre de l'Absente
Tu es ce passé sans toi.

Jean ROYER'

'Il est sur le sol d'Amérique
Un doux pays aimé des cieux,
Oú la nature magnifique
Prodigue ses dons merveilleux.

Octave CRÉMAZIE
(1827–1879)'

'Nous écrivons
dans la grande noirceur
d'un siècle qui siffle
en s'écroulant.

Nous écrivons
en guise d'accompagnement
de la terre.

Paul Chanel MALENFANT'

'...
veaux vaches cochons couvées
et préoccupations fi de vous et fi d'elles
à mon pays seul je suis fidèle

Gérard GODIN
(1938–1994)'

'Un enfant est en train de bâtir un village
C'est une ville, un comté
Et qui sait
Tantôt l'univers.

Il joue

Hector de Saint-Denys GARNEAU
(1912–1943)'

'La Mer navigue/
La Terre marche/
Le Ciel vole/

et moi, je rampe pour humer la vie...

Rita MESTOKOSHO'

'Je n'ai pas appris de Poucet
Le secret de marquer la route
Qui reconduise oú l'on passait.

Alfred DESROCHERS
(1901–1978)'

This piece, concerning the sound of the Aurora Borealis, is written in Inuktitut by Emily Novalinga, who died the year after the artwork was created.

'Tu es la ville engloutie
sous les rumeurs pourtant je vois
il n'y a que toi parlant
et la passion que tu y mets

Hugues CORRIVEAU'

'Le travail n'est pas liberté
Le travail es dans la liberté

Claude GAUVREAU
(1925–1971)'

'L'homme...

Il se construit
Des milliers
Des millions
De milles
De câble blond

Et il leur a donné
Des millions
De milliers
De nœuds

Pour attacher la mer

Cécile CLOUTIER'

'Pleurez, oiseaux de février.
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Émile NELLIGAN
(1879–1941)'

'La nuit est une neige
qui tombe à l'envers.

Jean-Paul DAOUST'

'Il ne sait plus si sa propre mémoire
le garde vivant, si ses rêves
le nourisssent ou le dévastent.

Pierre NEPVEU'

'Je traversais sa nuit
et j'en rêvais le jour
je ne sais plus ce soir oú va
la poésie
mais je sais qu'elle voyage
rebelle analogique

Claude BEAUSOLEIL'

'Petit jardin que j'ai planté,
Que ton enceinte sait me plaire !

Joseph QUESNEL
(1746–1806)'

'Hold me close
and tell me what the world is like
I don't want to look outside
I want to depend on your eyes
and your lips

Leonard COHEN'

'Seulement près de toy en cette saison dure.

Marc LESCARBOT
(1570–1642)'

'Chacun se débrouille seul
à rafistoler des bouts de rêves.

La table est mise.
Voyez. Venez.

Paul CHAMBERLAND'

'Là oú ses petites histoires,
mine de rien, s'emboîtent
les unes dans les autres.

Denise DESAUTELS'

At the end of all this is a two-paragraph description of the work by Michel Goulet:

'Pour ce quatre centiéme,
quarante chaises domestiques
créent un parcours
dans l'espace, le temps
et les pensées furtives.
Quarante voix poétiques disent,
le temps d'une pause, ce que nous
avons été, ce que nous sommes
et le bonheur de la rencontre.

Ici pas seulement des
spectateurs sollicités mais des
personnes qui prennent part
activement à la construction
d'un rêve en y jouant un rôle
essentiel, en faisant le trajet d'un
point à un  autre, de la representation
géographique du fleuve qui
lie deux pôles du pays et l'ouvre
sur le monde et la représentation
de nos habitats fragiles, la Terre
et le domicile, ici, mis à l'abri.

M. Goulet, sculpteur'